L’ explosion intervenue sur le vapocraqueur dans l’usine pétrochimique à Carling en Moselle n’en finit pas de faire émerger des interrogations quant aux conditions de sécurité des sites industriels.
Cet évènement tragique souligne, s’il en était besoin, que les risques inhérents à ces sites industriels sont réels rendant ainsi plus que nécessaire l’intensification des efforts concernant la prévention des accidents.
Comme indiqué dans « Sécurité des sites Seveso à Dunkerque ? Jusqu’ici tout va bien…», des similitudes émergent entre plusieurs accidents survenus dans plusieurs unités de production classées Seveso.
Ainsi, au fil des informations qui nous parviennent quant au cadre dans lequel s’est produite l‘explosion, on ne peut qu’avoir à l’esprit ce qui a cours sur le littoral dunkerquois.
La multinationale Total, propriétaire du site pétrochimique de Carling, fut qualifiée de « multirécidiviste de la négligence » en raison de la litanie des accidents qui jalonnent l’activité de ces sites.
Parmi ceux-ci, on notera celui mortel advenu le 29 janvier au sein du périmètre de la raffinerie des Flandres à Dunkerque à quelques encablures d’autres sites eux aussi répertoriés comme fortement dangereux.
A cette occasion, les Verts du dunkerquois avaient réitéré leur prise de position sur ce sujet ô combien épineux en soulignant combien « la sécurité des sites industriels ne s’improvise pas ! ».
Du fait de la répétition des accidents la touchant, la puissance financière de la multinationale Total n’irait-elle pas de paire avec la faiblesse entretenue de sa politique de prévention des accidents industriels ?
Nous savons la difficulté dans les entreprises Seveso à manier voire à déterminer les paramètres à risque d’où la nécessité d’accorder une place sans doute plus importante qu’ailleurs au principe de précaution.
Or cette attention ne semble pas de mise étant donné que les courbes des accidents mortels et des blessés dans les installations classées n’ont pas diminué depuis 1992.
Cette constance s’expliquerait notamment par la vétusté des installations induite elle-même par l’insuffisance de leur entretien ainsi qu’une préparation de leur mise au niveau pas à la hauteur.
Pour vérifier l’état - d’aucun rajouteraient de déshérence - de la sécurité des sites industriels, en premier lieu de ceux répertoriés Seveso -, des inspections sont théoriquement diligentées.
Or le nombre clairement insuffisant d’inspecteurs constitue un frein à ce que des améliorations nécessaires soient effectuées par les industriels concernés au premier chef.
Cette déficience des moyens dévolus à la DREAL s’est constatée notamment lors de l’affaire des déchets toxiques du numéro un mondial de la sidérurgie Arcelor-Mittal mise à jour à l’automne dernier à Dunkerque.
Ce constat fut abordé lors des travaux de la table ronde sur les risques industriels clôturés en ce début juillet et d’où émergèrent 33 propositions ont fait consensus sur la gestion des risques.
La bonne volonté ainsi affichée ne saurait pourtant, loin s’en faut, masquer la création récente d’un régime simplifié pour les installations classées pour la protection de l'environnement.
Présenté par ses partisans comme supprimant des procédures disproportionnées faisant obstacle à l'implantation des entreprises, il apparaît éloigné des préoccupations sur la sécurité des sites industriels….
Si on suit cette logique, c'est la porte ouverte à ce qu'au minimum se reproduisent en plus grand nombre les incidents comme ceux ayant touché l'entreprise Citis le 21 mars dernier.
Bien qu'elle ne fasse pas partie des treize classées Seveso que compte l'agglomération dunkerquoise, son incident ne fut pas sans conséquence sur l'agglomération dunkerquoise.
A suivre.
Post-scriptum : l’image mise en exergue sur la note de blog dénommée « Dunkerque (côté Seveso) » représente la cimenterie Kerneos à proximité de la raffinerie Total et de Polimeri Dunkerque sites eux aussi classés Seveso dans la zone industrialo-portuaire de Dunkerque.