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lundi, 26 mai 2008

La CSOPMI est allergique à l’environnement et à l’Europe

 

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La dernière illustration en date de cette profonde aversion des dirigeants du principal syndicat de dockers dunkerquois concomitamment vis-à-vis de l’environnement et de l’Europe s’est produite jeudi 22 mai soir à l’occasion du conseil communautaire de Dunkerque.

 

Cette séance de l’assemblée de la communauté urbaine s’était pourtant résumée pour l’essentiel à une longue litanie – nécessaire mais fort fastidieuse – de désignation des représentants de la collectivité locale concernée dans une cinquantaine d’instances à savoir des conseils d’administration ainsi que des assemblées générales d’associations.

 

Un périmètre marin au large des côtes dunkerquoises

 

Mais le dernier point à l’ordre du jour de ce conseil jusque là assurément fade a servi de prétexte pour relever des divergences de fond sur des sujets essentiels à l’avenir de la région dunkerquoise notamment ceux ayant trait à la compatibilité de l’activité économique en premier lieu portuaire dans son environnement proche comme celui marin.

 

Il s’agissait pour les conseillers communautaires présents de se positionner vis-à-vis de la délibération relative à la directive européenne Natura 2000. Les services de l’état avaient envoyé pour avis la communauté urbaine de Dunkerque leurs propositions de mise en place d’un périmètre marin de 1132 km2 située devant le littoral dunkerquois.

 

La directive Natura 2000

 

J’en avais pris au départ connaissance lors du conseil d’orientation du Secrétariat Permanent pour la prévention des pollutions industrielles tenue à Gravelines le lundi précédent. A cette occasion, Michel Pascal, responsable conjoint de la DRIRE et de la DIREN, exposa cette question parmi les nombreux projets qu’aurait cette instance de concertation à s’occuper.

 

Le dit périmètre maritime situé au large de la Flandre dunkerquoise compléterait celui déjà existant terrestre situé sur le littoral soit sa portion qui n'est pas artificialisée grâce au classement des dunes existantes entre Malo-Terminus et la frontière belge comme les dunes Dewulf et Marchande.

 

Une délibération clivante

 

Pour présenter et expliciter leur vision de la dite proposition émise par les services de l’Etat, Michel Delebarre et Roméo Ragazzo, respectivement président et vice-président en charge des compétences relatives à l’environnement de la communauté urbaine de Dunkerque, prirent la parole pour appeler les conseillers communautaires à émettre un avis réservé en clair négatif.

 

Sont notamment soulevés le manque de concertation quant à la cohérence du périmètre marin choisi mais aussi l’impact possible sur les diverses activités humaines dans cette zone. Il est notamment reproché aux services étatiques de se précipiter sur ce dossier sous prétexte de rattraper le grave retard environnemental de la France et de la prochaine présidence française de l’Union Européenne le 1er juillet.

 

Les Verts font preuve de pédagogie

 

Or cette position est apparue aux élus Verts comme peu adéquate car la directive Natura 2000 n’est en rien un obstacle au développement des actions économiques sur le secteur envisagé. Mais ce n’est pas chez la majorité du conseil communautaire que les argumentaires des élus verts posaient réellement problème mais avant tout auprès de Roger Gouvart, maire de Cappelle-la-Grande depuis 1983.

 

En dépit du sens des argumentaires pédagogiques déployés par Louardi Boughedada, le vice-président de la communauté urbaine de Dunkerque en charge de l’énergie et du plan climat, et foncier défenseur de la directive Natura 2000, Roger Gouvart est demeuré engoncé fermement dans sa vision rance du monde. Il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

 

Roger Gouvart dans ses œuvres

 

En effet ce qui s’est révélé assez intéressant dans les discussions entourant le projet du périmètre marin furent les réactions, faut-il s’en étonner, exacerbées de Roger Gouvart, élu communautaire mais surtout figure historique des dockers de la région dunkerquoise et plus largement de la communauté portuaire de la cité du corsaire Jean Bart.

 

Dans Terminal Frigo, Jean Rolin en avait dressé un portrait assez précis au point de l’ériger en héros prolétarien ce qui fait désormais singulièrement sourire car celui qui fut le leader d’une grève extrêmement dure en 1977 contre l’entreprise sidérurgique Usinor devint au travers de son fils, Bernard, la référence d’un syndicat fier de ne pas faire une seule journée de grève au point de vouloir la destruction du Bureau central de la Main d'oeuvre qu'il avait lui-même inauguré.

 

Ire gouvartiste anti-environnementale et anti-européenne

 

L’objet de son ire à savoir l’application aux abords de la cité de Dunkerque de la directive Natura 2000 est le reflet de son aversion contre toute réglementation environnementale plus encore si elle émane du niveau européen au point qu’il y décèle un complot ourdi contre le port de dunkerque dont il se veut comme à l’accoutumée le défenseur par excellence des intérêts.

 

Ainsi, selon lui, «  Donner un avis favorable à cette directive reviendrait à étouffer nos activités maritimes », tandis que « L'Europe veut décider à notre place et Natura 2000 arrive avec ses idées farfelues. Pour eux, tout ce qui a trait à l'activité industrielle est à supprimer. Je me demande si on ne veut pas favoriser les ports concurrents en tuant Dunkerque ».

 

Le Parti Communiste Cappelois gouvartiste en compagne

 

La crainte d’un hypothétique complot d’extraction européenne via des normes environnementales comme Natura 2000 dont serait victime le 3e port de France n’est pas restreinte à la personne de Roger Gouvart car il est rejoint par l’élu responsable de l’extrême droite depuis une vingtaine d’années à savoir Philippe Eymery qui s’en prend à «  l'ingérence de la communauté européenne ».

 

Par sa diatribe tout à la fois anti-écologique et anti-européenne, Rogert Gouvart a fait des émules chez quelques autres élus membres du conseil communautaire notamment avec Franck Gonsse, également conseiller communautaire élu à Cappelle-la-Grande ayant pris la succession à la tête de la CSOPMI, après un bref intermède, de Bernard Gouvart.

 

L’environnement et la CSOPMI cela fait bien deux si ce n’est plus…

 

Ce dernier prit la parole à la suite de son mentor en se demandant « alors qu’il y a de la richesse biologique dans tout le monde, pourquoi mettre une zone Natura 2000 devant Dunkerque ? »… et montrant ainsi que la mer du Nord n’est pas que le cadre géographique où passent des milliers de navires chaque année mais recèle des ressources écologiques indéniables qu’il convient de protéger.

 

Cette méconnaissance se retrouve dans les discussions relatives au projet de terminal méthanier prévu sur le site du Clipon situé sur des terrains appartenant au port autonome dans la zone proche de l’avant-Port Ouest. Dans le cadre des réunions de la commission particulière du débat public, la CSOPMI a produit un cahier d’acteurs révélateur à plus d’un titre.

 

Et le dossier du terminal méthanier n'y fait pas exception

 

Franck Gonsse indique dans le cahier d’acteurs explicitement ceci : « Nous ne sommes pas les mieux placés pour parler des caractéristiques écologiques du site d’implantation du projet de terminal méthanier, ni de ses effets directs ou indirects sur l’environnement » Affirmer le contraire aurait équivalu à se parer de qualités dont on ne peut que chercher l’existence que les membres du dit syndicat en sont dépourvus.

 

On découvre néanmoins dans le cahier d’acteurs un humour, bien involontaire au demeurant, quand est affirmé que « l’importance du patrimoine naturel et environnemental du port de Dunkerque […] est au centre de [leurs] préoccupations » alors même que la CSOPMI n’a au cours de son existence jamais été en capacité d’exposer concrètement.

 

Et la ZNIEFF ?

 

La sensibilité de la biodiversité sur le site envisagé d’implantation du terminal méthanier est telle au point de pouvoir menacer le projet qu’il pose au final dans le cahier d’acteurs la question risible :« Ne peut-on donc pas envisager de déplacer la ZNIEFF ailleurs sur le territoire du port par exemple sur un site qui comporterait les mêmes caractéristiques environnementales et naturelles  ? »

 

Or si une ZNIEFF à savoir une zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique fut délimitée dans le secteur dit du Clipon, c’est qu'à cet endroit qu’une richesse écologique sur cette partie du littoral avec la présence notamment des désormais célèbrissimes sternes naines fut constatée clairement par la DIREN.

 

Etre attentif à l’environnement cela ne s’improvise pas

 

Or on ne sait pas déplacer un site et qu’un tel site ne se déplace pas comme on déplacerait un container.  Je fais miens les propos d’Olivier Leroux, représentant d’European Surfrider Foundation, qui s’est exprimé le 16 novembre dernier lors de la réunion tenue à Pitgam quand il s'est adressé aux maîtres d'ouvrage.

 

"la nature ne vous doit rien ! Vous lui avez laissé ce secteur en location, elle l'a aménagé, embelli, et aujourd'hui, on rompt le bail inconsidérément. Quant à la biodiversité, on ne la déplace pas ! On la détruit, et si la nature nous est clémente, elle aura une chance de se reconstruire". 

 

Dans une des prises de positions tenues dans les réunions de la commission particulière du débat public, le représentant de la CSOPMI a indiqué doctement sa bonne foi écologique sur le seul argument que son syndicat disposait en son sein d’une association de chasseurs. Etre vraiment attentif à l’environnement, cela ne s’improvise pas

 

Et l’Europe se trouve vouée aux gémonies…

 

La phobie de Roger Gouvart contre tout ce qui émane du niveau européen se retrouve chez Franck Gonsse quand ce dernier se plaint « des mesures [jamais précisées] que les partis politiques produisent à Bruxelles et qui sont un obstacle au développement du Port de Dunkerque » reprenant sa diatribe développée dans plusieurs de ses interviews.

 

Il oublie singulièrement de rappeler qu'une partie conséquente des raisons de la situation dunkerquoise tient à l'insuffisance des investissements émanant de l'Etat français au cours des dernières années au profit du Havre et de Marseille comme les nombreux rapports écrits sur la politique maritime française l'ont démontré.

 

Conclusion

 

N’en déplaise aux dirigeants du parti communiste cappelois gouvartiste alias la CSOPMI et compagnie qui se croient les patrons du port autonome de dunkerque par le simple fait de se faire un honneur de ne jamais avoir fait grève depuis 1992, les Verts de la région dunkeruqoise continueront de se battre pour que l’environnement soit réellement pris en compte dans l’espace portuaire.

 

De même, nous nous ferons un point d’honneur à ce que l’Europe soit une chance et non pas un bouc émissaire commode pour des groupes corporatistes enclins à y voir la raison de leurs propres échecs et continuerons notre combat pour une gauche écologistes, sociale et donc profondément européenne.

 

post-scriptum : la photo illustrant cette présente note de blog fut prise à côté de la bibliothèque de l'Université du Littoral à Dunkerque sur le quai freycinet 1.

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Commentaires

Chers amis Verts,
Comme je vous trouve injustes de vous permettre un titre comme "La CSOPMI est allergique à l’environnement et à l’Europe"
Une réplique pourrait être" Les Verts allergiques à la CSOPMI et à Roger Gouvart" tant vous niez combien ces hommes n'ont de cesse de tout faire pour que le port de Dunkerque soit vivant et développe des emplois.
Je connais la CSOPMI, son histoire, Franck, Roger, Bernard était mon ami et je sais les douleurs traversées par ces hommes devant les comportements totalement irresponsables de la CSOP de Ravetta et ses amis de la FNPD CGT en 1992.
Je vous demande de respecter ces combats là, autrement plus difficiles humainement que nos discours verts sur ce qui est bien et ce qui ne l'est pas. Les zones de conforts ne jouent pas dans la même catégorie, je crois qu'il vous est difficile de le comprendre.
Je sais bien que ni Franck, ni Roger ne sont pro européen, sont-ils les seuls parmi ceux avec qui le silence est la règle ?
Je sais bien que les questions environnementales qui s'invitent à juste titre dans tous les débats sociétaux actuels ne sont pas inscrites dans la culture de mes amis de la CSOPMI, mais sont-ils les seuls syndicalistes et les seuls travailleurs à avoir du mal à franchir le pas ?
Je connais les problématiques des ports, je connais ces dockers qui vendent leur force de travail et ne sont pas toujours au fait des changements qui s'opérent, je sais aussi comment les états membres se défaussent systématiquement sur l'europe pour cacher leurs engagements, car c'est bien le Conseil de l'europe qui oriente les décisions des commissions. Je connais aussi comment la France, - pas les syndicats, pas la CSOPMI- mais les gouvernements ont l'art de faire dans l'urgence les mises aux normes des règles votées à Bruxelles afin de ne pas être soumis aux pénalités, Natura 2000 en mer et sur les estuaires en est un exemple.
Je suis comme vous membre des verts, mais je me refuse à extraire les questions écologiques de la globalité d'un monde complexe, je tente de comprendre, de faire chemin commun avec ceux qui partagent des valeurs de solidarité.
Je sais que les affronter m'en éloigne, alors je positive les points communs, ils me permettent de pouvoir dire pourquoi l'europe politique que les peuples se refusent à faire est une nécessité, pourquoi les questions de choix économiques, de choix de production, d'aménagement du territoire, de participation des travailleurs et des citoyens à ces choix sont les ébauches d'une autre société, plus fraternelle, plus écologique, plus solidaire.
Je ne sais pas dire à un travailleur qui se bat pour garder son salaire, donc son emploi, fut-ce til dans la fabrication des armements et productions guerrière qu'il est "allergique" au progrès. Je tente de lui dire combien il serait bon qu'ensemble nous puissions construire une société ou la vie des gens ne dépend plus exclusivement de leur travail, q'un revenu social devrait être versé de la naissance à la mort, que le salaire lié à l'emploi est la source de l'aliénation et des peurs du lendemain, que nous devrions être capables de réfléchir ensemble à un autre monde, plus humain, plus tolérant.
Ce texte sur ton blog m'a blessé, je le trouve inutile et maladroit, c'est à vous de faire l'effort d'être convaincants, pas arrogants et irrespectueux envers la CSOPMI qui comme vous croit avoir raison, car je ne doute pas de la bonne foi de mes amis.
Cordialement,
Gilles Denigot, ex secrétaire du syndicat des dockers de St Nazaire (CGT puis CNTPA) élu vert du Conseil Général en Loire Atlantique, président de la Commission économie & environnement.

Ecrit par : Gilles | dimanche, 15 juin 2008

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