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samedi, 23 février 2008

La sidérugie au bord de la mer du Nord : de l'Usine des Dunes à Arcelor-Mittal Dunkerque

 

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Une série de photographies prises à la fin des années 1980 m’est restée en mémoire depuis lors. Présentées à grands renforts de panneaux dans les rues de l’agglomération dunkerquoise, elles représentaient des sidérurgistes en plein travail dans ce qui se nommait alors Sollac.

 

 

Ces fortes belles images furent effectuées en 1987 par de grandes signatures de l’agence Magnum – comme celle d'Harry Gruyaert –et ce au moment même où l’entreprise sous la direction de Francis Mer avait justement licencié une partie importante de ses effectifs…

 

 

On retrouve leurs traces au musée portuaire de Dunkerque dans le cadre d’une brillante exposition rétrospective intitulée « Dunkerque, les défis de la sidérurgie sur l’eau » toute entière consacrée aux installations sidérurgiques présentes aux bords de la Mer du Nord.

 

 

La sidérurgie et Dunkerque : mariage de raison ?

 

 

L’implantation d’un tel secteur d’activités sur le littoral s’est d’abord effectuée à Leffrinckoucke via l’Usine des Dunes au début du XXe siècle puis a repris dans l’Ouest de l’agglomération dunkerquoise avec Usinor à compter des années 1950.

 

 

Parcourir « Dunkerque, les défis de la sidérurgie sur l’eau » permet de constater les profonds impacts de la sidérurgie sur la physionomie de cette partie de la flandre maritime au travers notamment de l’édification des hauts fourneaux ainsi que de la construction de la longue digue du break.

 

 

En cela, le secteur de la sidérurgie-métallurgie voit son histoire intimement liée à celle de la région dunkerquoise que ce soit de la période Far West de son développement à celle contemporaine de la confirmation de sa place prépondérante dans l’économie notamment pour ce qui a trait à son incidence sur le trafic portuaire.

 

 

Evolutions au fil du temps

 

 

Au travers notamment des photographies distantes d’une vingtaine d’années – entre celles de l’agence Magnum et celles des adhérents de l'espace photographique de la MJC de Rosendaël prises en 2007 - se constatent les évolutions des métiers de l’industrie.

 

 

Cette transformation des conditions de travail se constate avec une automatisation grandissante de celles des salariés de ce secteur ; changement que l’entreprise entend démontrer régulièrement dans des forums sur l’industrie à destination de jeune public à l’image de ce qui se fit avec Industria Park.

 

 

Arcelor-Mittal est confrontée à l’image d’autres entreprises du littoral au défi d’un renouvellement impératif de ses effectifs dans les années à venir en raison d’une pyramide des âges de salariés avec la prépondérance de ceux engagés dans les années 1970.

 

 

La tenue de cette rétrospective prend un écho particulier avec les questionnements autour de l’avenir des entreprises du secteur. On l’a vu récemment avec les investissements effectués sur le site d'Arcelor-Mittal et les interrogations quant au devenir du complexe Ascometal-Valdunes il ya quelques mois de cela.

 

 

Et l’attention à l’environnement advint…

 

 

A ces panneaux succèdent au terme de l’exposition d’autres consacrés au développement durable avec notamment l’attention aux efforts effectués en vue de palier les impacts des activités de ce secteur d’activités sur l’environnement.

 

 

Ce qui n’est hélas pas souligné dans cette partie de l’exposition est que ces efforts ne sont pas la résultante de la prise de conscience des dirigeants des incidences des polluants (poussières, dioxyde de soufre, CO 2,...) sur la santé des habitants du littoral, loin s’en faut…

 

 

Les prescriptions officielles – qui encadrent le fonctionnement de telles activités et visent à la réduction de polluants – émanent pour la plupart prioritairement de politiques initiées au niveau des institutions européennes.

 

 

Les dangers sont que la nécessaire diminution des émissions de gaz à effet de serre serve de prétexte à la direction d’entreprises sidérurgiques pour délocaliser et menacer de fermetures de sites industriels comme on a pu le constater en 2006 ou dans lecadre des discussions portant sur l'aprés-2013.

 

 

Le changement climatique comme potentiel de croissance pour l’économie

 

 

J’ai pu le constater plus particulièrement lors de la rencontre ente Dominique Voynet et les représentants de la CFDT Métallurgie dans la Côte d’opale en mars 2007 où furent abordées notamment les réglementations sur les émissions de C0 2.

 

 

Les échanges furent intéressants témoignant de l’attention faite notamment par ce syndicat depuis longtemps sur ce sujet comme en attestent les articles parus dans le numéro de mai-juin 2007 de la Revue de la CFDT avec un dossier intitulé La lutte contre les changements climatiques, une priorité incontournable.

 

 

Il est intéressant notamment de se reporter à un texte de Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT, responsable de la politique du développement durable et de la Responsabilité sociale des entreprisesLe syndicalisme face au changement climatique.

 

 

Les discussions avaient d’autant de plus de pertinence avec le milieu syndical en raison d'une étude commanditée par la confédération européenne des syndicats parue il y a tout juste an « Changement climatique et emploi : une étude européenne inédite sur le lien entre changement climatique et emploi ! »  avec un chapitre consacré spécifiquement à la région Nord-Pas-de-Calais.

 

 

Et le social dans tout cela ? 

 

 

La nécessité d'une conversion écologique de l'économie doit se faire de pair avec l'attention portée aux conditions sociales du travail mené tant sur le plan de la sécurité des salariés sur les sites ainsi que concernant leurs rémunérations.

 

 

On l'a constaté particulièrement au cours des dernières années avec les polémiques entourant les décés survenus sur le principal site sidérurgique dunkerquois que ce soit des salariés directs d'Arcelor-Mittal ou des entreprises sous-traitantes travaillant sur le site.

 

 

De même, les demandes récentes d'augmentation des salaires par la CGT d'Arcelor-Mittal de l'ordre de 10 % sont les revendications portées par le principal syndicat de l'entreprise à comparer aux bénéfices conséquents engrangés par le groupe au cours de la dernière année notamment.

 

 

Espérons que « Dunkerque, les défis de la sidérurgie sur l’eau » ait autant si ce n’est plus de succès que la précédente exposition temporaire consacrée au tour du monde d’Emmelene Landon effectué sur un porte-conteneurs. A priori le terme de l’exposition est fixé au 25 mai prochain mais le succès aidant elle pourrait être bien sûr repoussée.

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