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samedi, 05 janvier 2008

Développement durable : un passage difficile des discours aux actes

 

 

 

Je rejoins les propos de Denis Clerc dans le dernier numéro d’Alternatives Economiques au travers d’un article intitulé Publicité mensongère quand il y souligne les décalages – doux euphémisme – entre d’une part la publicité par laquelle une entreprise fait montre des incidences de son activité et d’autre part la réalité bien moins favorables aux dires de la dite entreprise.

 

 

Plus précisément, le fossé entre les dires et les faits de nombres de sociétés se vérifie pleinement quand il est tout à la fois question des droits des salariés dans l’entreprise (durée des contrats de travail, organisation de la production,…) ainsi que de la préservation de l’environnement (engagements souscrits et effectivement tenus, critères environnementaux respectés,…).

 

   

J’avais fait état sur ce blog des divergences existant entre la manière dont Total fait de la publicité constante autour de l’énergie éolienne et les investissements si minimaux en ce domaine - à savoir les cinq éoliennes mises à proximité de la raffinerie des Flandres sur le littoral dunkerquois - que la direction de l’entreprise pétrolifère décida de ne plus s’y consacrer.

 

 

De Total à EDF... 

 

 

Le cas d’Electricité de France est plus encore que celui de Total assez symptomatique des engagements mis en avant à longueur de discours et qui ne tiennent pas la route. Le décalage prend une acuité particulière au travers du projet de terminal méthanier prévu sur le site du Clipon dont la dite entreprise est co-maître d’ouvrage avec le port autonome de Dunkerque

 

   

Au cours des débats autour du projet organisés par la commission particulière du débat public spécialement créée à cet effet, les représentants d’Electricité de France ont excellé tout au long de leurs interventions dans l’art de parler du développement durable mais ce qui en résulte concrètement est fort loin de l’acception généralement donnée à l’expression.

 

 

A longueur de tirades, ils affirmèrent que leur entreprise allait au-delà des prescriptions officielles en matière de contingentement des émissions de gaz à effet de serre sans pour autant mentionner de manière volontaire la part conséquente dans la production d’électricité de l’énergie nucléaire et donc par là même sans mentionner les dangers inhérents à l’usage de cette dernière et à la durabilité de leurs déchets.

 

 

Or l’énergie nucléaire ne saurait passer pour une solution pertinente au réchauffement climatique. Antoine Bonduelle, le représentant nordiste du Groupement international des experts sur le climat - soit le co- prix nobel de la paix 2007 en compagnie d’Al gore auteur d’ Une vérité qui dérange - , a souligné avec justesse la déraison d’un tel raisonnement dans un texte intitulé "Le nucléaire ne sauvera pas le climat" : 50 faits et arguments.

 

 

Les sternes naines, c'est en option dans le projet de terminal méthanier ? 

 

 

Au cours des huit séances tenues dans le cadre de la commission particulière du débat public, avec un sourire constamment émaillé et lissé de VRP sur la brèche les représentants d’Electricité de France ont indiqué que leur entreprise remettrait en l’état les cinquante hectares pris sur le site du Clipon et ce auprès de son propriétaire le port autonome de Dunkerque au bout des cinquante années de concession…

 

 

 

Au regard des travaux nécessaires à la construction de l’installation, il apparaîtrait pour le moins incompréhensible de croire en l’état actuel les affirmations ainsi distillées. Cette circonspection à l’égard des engagements souscrits à ce propos tient à ce qu’aucune proposition étayée en matière de compensation ne fut pourvue au bouleversement d’un pan essentiel de la zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique.

 

 

Au début du processus délibératoire, la majeure partie des participants attendait des propositions étayées en matière d’aménagement notamment lors de la réunion tenue le 18 octobre à St Georges-sur-l’AA consacrée à "L'environnement, le cadre de vie et les usages...".

 

 

L’expression récurrente fut de la part des maîtres d’ouvrage qu’ils « savaient faire face aux contraintes environnementales » sans que des indications plus précises soient apportées. Le seul élément est une présentation vidéo fort aseptisée du visage futur du lieu escompté pour l'installation décrit comme s’inscrivant pleinement dans la zone ouest du périmètre portuaire.

 

 

 

Je fais miens les propos d’Olivier Leroux, représentant d’European Surfrider Foundation, qui s’est exprimé le 16 novembre dernier lors de la réunion tenue à Pitgam quand il s'est adressé aux maîtres d'ouvrage : "la nature ne vous doit rien ! Vous lui avez laissé ce secteur en location, elle l'a aménagé, embelli, et aujourd'hui, on rompt le bail inconsidérément. Quant à la biodiversité, on ne la déplace pas ! On la détruit, et si la nature nous est clémente, elle aura une chance de se reconstruire". 

 

 

 

A suivre.

 

post-scriptum : la vidéo de cette présente note de blog est  une publicité d'Electricité de France rediffusée par les soins de Dunkerque pollution.

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