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lundi, 07 janvier 2008
Nucléaire : ces réacteurs qu'EDF ne saurait faire voir !

« Cacher ces réacteurs que je ne saurais voir ! » C’est ce qu’ont dû demander les responsables d’Electricité de France au concepteur de la plus récente de leurs publicités diffusées sur le littoral. Ainsi, un encart publicitaire de huit pages accompagna l’édition de La Voix du Nord à destination de ses abonnés dans la région dunkerquoise en date du mercredi 19 décembre.
La couverture du dit-prospectus se compose pour l’essentiel d’une photographie de la centrale nucléaire de Gravelines. Dans l’angle ainsi choisi soit côté sud-est prés des buttes de protection, on n’entrevoit que très légèrement les dômes des six réacteurs qui composent pourtant une des plus importantes installations nucléaires dans le monde.
Y est privilégié le ciel bleu immaculé avec la mention principale « La centrale de Gravelines » à laquelle s’ajoute en sous-titre « Des femmes, des hommes, des métiers,… ». Cette manière de faire voir ce site de production d’électricité est symptomatique d’une volonté d’occulter ou, du moins, de minorer certains de ses caractères physiques.
L’objectif – qui n’est pas propre à ce site nucléaire de Gravelines - tient à inscrire dans le paysage au sens propre comme au sens figuré l’énergie nucléaire Ses efforts furent maintes fois réitérées depuis que les premiers coups de pioche de sa construction au milieu des années soixante-dix qui allaient préfigurer. Attentifs à l’opinion publique, les responsables d’Electricité de France se sont aperçus que les sondages montraient de manière constante depuis plusieurs années la mauvaise image véhiculée par le nucléaire.
La politique énergétique nationale décidée par la loi sur l’énergie en 2005 suite à un débat biaisé organisé l’année précédente se base sur la reconduction du nucléaire et donc du recours à l’EPR. Or le site de Gravelines avait été envisagé comme récipiendaire de ce réacteur - faussement qualifié de « troisième génération » - avant de se voir préféré celui de Flamanville.
Or les responsables du CNPE de Gravelines sont confrontés à un problème structurel significatif, la pyramide des âges déséquilibré de leur personnel. A l’instar de nombre des activités industrielles du littoral dunkerquois, ce site de Gravelines est marqué d’ores et déjà par une demande de renouvellement des effectifs qui s’approfondira sérieusement au cours des prochaines années.
Le besoin se faisait donc sentir de manière criante pour l’entreprise de rectifier l’image d’où la diffusion du prospectus dans la région dunkerquoise. Or ce n’est pas chose aisée au regard de celle des industries polluantes et classées Seveso que compte le littoral comme l’ont souligné les réunions publiques advenues autour du projet de terminal méthanier.
Outre la couverture, ce qui est significatif dans ce dernier encart est un des propos tenus par le directeur du CNPE de Gravelines. Eric Jouen affirma ainsi que "le nucléaire a de belles perspectives devant lui en France et dans le monde". Ses propos s'intègrent dans des affirmations qui se veulent autoréalisatrices à force d’être répétées mais qui s'avèrent à l'étude complètement inexactes.
Electricité de France excelle dans ce registre car les raisons avancées dans les années 1970 pour lancer le programme électronucléaire se sont révélées complètement infondées par la suite en raison de la surestimation considérable des besoins énergétiques comme l’a étayé très justement Antoine Bonduelle dans un article paru dans la respectée Revue de l’Energie.
Il va sans dire que les Verts et les associations environnementales, regroupées dans le réseau Sortir du Nucléaire, ne manqueront pas à nouveau de souligner les dangers inhérents à l’usage de l’atome mais plus encore de démontrer qu’il est possible de se passer de nucléaire dans la production d’énergie électrique et donc de la centrale de Gravelines.
A l’occasion des prochaines assises nationales de l’énergie qui se tiendront les 29, 30 et 31 janvier 2008, l’association Virage Energie Nord Pas-de-Calais présentera son plan de fermeture de la centrale nucléaire de Gravelines à l’horizon 2020. Ce projet se conjugue avec le respect des prescriptions de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre dans la région Nord-Pas-de-Calais d’ici 2050.
Débat à (pour)suivre…
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Commentaires
Les "belles perspectives du nucléaire" en France et dans le monde seront très limitées par la diminution de la production d'uranium, une fois passé le peak uranium vers 2025, selon l'estimation la plus probable.
En 2040, la puissance nucléaire qu'il sera possible d'alimenter en combustible sera inférieure à celle d'aujourd'hui et les réacteurs fermeront de façon prématurée à cause de la pénurie de combustible.
C'est seulement à partir de 2040 que les réacteurs de 4e génération pourrait être construit en série pour un usage commercial. Mais tout doucement, à peine six par an dans le monde, si le plutonium nécessaire est disponible en quantité suffisante.
Un article très bien documenté à lire : http://futura24.site.voila.fr/nucle/generation4.htm
Mais d'ici là l'électricité pourra être produite à partir des énergies renouvelables en grande quantité et de façon plus économique qu'avec le nucléaire, ce qui enlève le seul argument provisoire que pouvait avoir celui-ci.
Ecrit par : Louis | samedi, 19 janvier 2008
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