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vendredi, 21 décembre 2007
L'amiante : la lenteur de la justice pénale tue les victimes une deuxiéme fois

Dimanche dernier, un peu plus d’une centaine de personnes se sont rassemblés auprès de la stèle consacrée aux victimes de l’amiante à l’appel de l’Association régionale de défense des victimes de l’amiante.
A cette invitation se sont joints les Verts de la région dunkerquoise. Parmi ses militants présents, on comptait Marcel Lefevre, adjoint au maire de Dunkerque, qui représentait la municipalité à cette occasion.
Inauguré il y a un an tout juste, ce mémorial se situe sur un quai à proximité immédiate des installations des anciens chantiers navals de Dunkerque qui élevaient en ces lieux leurs murs il y a quelques années encore.
La localisation de la stèle est symbolique du parcours des salariés de l’ancienne Normed qui se sont échinés en ces lieux durant de nombreuses années à y gagner leur vie et se sont vus exposés à un produit cancérigène.
Le dossier de l’amiante à Dunkerque n’est pas circonscrit à la construction navale car il touche les dockers qui réceptionnèrent dans le port prés de 70 % des importations d’amiante en France ainsi que les sidérurgistes et métallurgistes notamment d’Arcelor-Mittal et Ascometal/Usine des Dunes.
La retraite dont ces salariés – pour leur grande partie des ouvriers – espéraient jouir après une vie de labeur afin d’assurer le quotidien et l’avenir des leurs n’est soit pas advenue ou s’est révélée un long chemin de croix avec la peur que l’exposition à leur amiante fasse advenir des cancers.
Le fait que l’utilisation par des entreprises de cette fibre soit devenu un scandale de santé n’est pas le fruit du hasard. Il est le produit en premier lieu de l’action de longue haleine des associations de défense des victimes de l’amiante et des syndicats professionnels de salariés.
Leur lutte est passée d'abord la réparation civile du préjudice subi par les salariés concernés ainsi que par leur entourage comme en atteste la manifestation du 9 mai 2007 devant la cour d'appel administratif de Douai à laquelle les Verts avaient apporté leur plein et entier soutien.
Ce qui fut obtenu – la mise en place d’un pôle de l’instruction dédié aux dossiers relatifs à l’amiante – se trouve entravé par le manque criant de moyens matériels et humains dévolus à cette tâche depuis plusieurs mois ce qui rend improbable en l’état actuel des choses la perspective d’un procès pénal de l’amiante à moyen terme.
La lenteur de la machine judiciaire rend vraisemblable la relance d’actions publiques d’éclat. Ainsi, une reprise des marches des veuves de l’amiante à Dunkerque – à l’instar de ce qui se produisit devant le Palais de justice pendant deux années et ce toutes les trois semaines – est désormais envisagée.
A suivre.
post-scriptum: la photo de cette note de blog représente la seconde manifestation des veuves des victimes de l'amiante et adhérentes de l'ARDEVA intervenue le 12 janvier 2005 et ce aux abords du palais de justice de Dunkerque.
Elle faisait partie d'une exposition itinérante organisée par le Club de la presse Nord-Pas-de-Calais sous le nom Le Nord-Pas-de-Calais vu par ses photographes - Exposition itinérante en France.
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