vendredi, 02 novembre 2007
La centrale nucléaire de Gravelines : la géante…

Quand il est question du nucléaire dans la région Nord-Pas-de-Calais, il est automatique de se référer à la centrale nucléaire de Gravelines qu’on a affublé du surnom de Tchernobyl sur l’aa.
D’habitude, dans ce cas là, on retrace immanquablement des mobilisations régulières qui se sont effectuées contre sa construction dans les années 1970 (comme le souligne pour une part le film Pollutions) et celles visant comme le 17 mars dernier à Lille à ce qu’elle se voit adjointe un septième réacteur - en l’occurrence le mal nommé réacteur dit de troisième génération alias l’EPR.
De même, dernièrement on a souligné le projet de Virage Energie Nord-Pas-de-Calais qui sera présenté aux assises nationales de l’Energie tenues à Dunkerque les 29, 30 et 31 janvier 2008 et visant à étayer qu’à l’horizon 2020 il sera possible pour la région Nord-Pas-de-Calais de ne plus avoir à user de l’électricité issue de l’énergie nucléaire.
Pourtant, procéder ainsi ne manquerait pas de faire oublier un peu vite le travail des personnes qui ont contribué à construire l’installation nucléaire forte de six réacteurs et celui des agents d’EDF ainsi que des salariés d’entreprises sous-traitantes amenés à la faire fonctionner jour après jour depuis le début des années 1980.
Un livre a retenu toute mon attention ces derniers jours à savoir celui intitulé La géante. Une histoire de la centrale nucléaire de Gravelines. Ecrit par un de ses salariés, Jean Pinte, ce livre retrace les différentes phases de la vie d’un des principaux sites de production d’origine nucléaire dans le monde.
L’ouvrage aborde les problèmes auxquels fut et demeure confronté le site que ce soit la transmission du savoir entre les salariés, les relations entre les donneurs d’ordre et les salariés des entreprises sous-traitantes,… mais publié par EDF il ne fallait pas s’attendre à ce que cette critique soit étayée et virulente.
L’été dernier, j’avais participé à un reportage de France 3 Nord-Pas-de-Calais consacré aux contraintes subies par le site nucléaire. Mon propos était circonscrit à son exposition à l’environnement proche que ce soit le transport de matières dangereuses avec la proximité du Port Ouest de Dunkerque ou la montée du niveau de la mer du Nord due au réchauffement climatique.
Les auteurs du reportage ont interrogé le directeur de l’installation, aux dires se voulant rassurants quant à l’activité du site, mais aussi le représentant CGT-Energie. Ce dernier avait en définitive des mots bien plus durs que les miens mais ils ne concernaient pas l’environnement dans lequel s’insère la centrale mais ses nombreux dysfonctionnements internes qui on été soulignés par ailleurs dans le dernier rapport en date de l’autorité de sûreté nucléaire.
Aux sources telles que celles de l’ADELFA au travers de sa publication Grains de Sel ou du Réseau Sortir du Nucléaire, je compléterai par l’ouvrage d’Annie Thébaud-Mony intitulé Travailler peut nuire gravement à votre santé. Son sous-titre est au demeurant assez explicite Sous-traitance des risques. Mise en danger d’autrui. Atteintes à la dignité. Violences physiques et morales et cancers professionnels. L’industrie nucléaire y occupe une place conséquente. Hasard ? Non, une simple réalité.
Bonnes lectures.
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