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vendredi, 07 septembre 2007
Suites de Paradoxes

Suite au commentaire fait à Suites de Pollutions par Frédéric Vermeesch, l'auteur des documentaires Pollutions et Paradoxes, voici ma réponse qui est à replacer dans le cadre dunkerquois.
Je ne pense qu’il y ait vraiment de divergences sur l’interprétation des propos tenus dans l'ouvrage de Frédéric Fajardie. Vous avez souligné à juste raison que la colère de certains ouvriers de Metaleurop s’était tournée contre les Verts. Mais, à mon sens, cela tient moins aux faits que par l’image véhiculée que nous portons soit celle de personnes privilégiées éloignées du monde du travail, du moins de celui des classes populaires. Elle trouve une part significative de ses origines dans le déni pendant longtemps des problèmes que nous avons soulevés au premier rang desquels celui – devenu incontournable depuis lors – du réchauffement climatique.
L'attention portée à ce sujet nous aurait, dans cette trame, fait dévier des autres problèmes perçus par une majorité de la population comme plus essentiels : activité économique notamment dans une région qui conserve un taux de sous-emploi important. Depuis lors, la prise de conscience s’est faite et les questions fusent quant à la soutenabilité du mode de développement économique prédatrice en terme de ressources fossiles, productrice à foison de gaz à effet de serre et agissant sur la santé.
C’est en cela que Pollutions et son complément Paradoxes – et dans une perspective différente La digue de Frédéric Touchard - me sont parus assez intéressants dans la mesure où y étaient soulignées les interrogations que les citoyens ont en général sur la marche des sociétés et pour ce qui touche sur la région dunkerquoise tiennent au versant industriel du mode de développement. L’attention qu’ont eu ces documentaires est la confirmation qu’une part importante des habitants de l’agglomération est foncièrement intéressée par ce qui concerne leur environnement proche mais dans le même temps s’interroge beaucoup sur les manières de parvenir à remédier aux pollutions qui l’affectent et aux menaces qui pèsent sur ce dernier.
Pour ce qui des pollutions, leurs conséquences demeurent douloureuses pour le moins qu’on en juge par la catastrophe sanitaire qu’est l’amiante comme l’a souligné le dernier rapport en date du Fonds d'indeminisation des victimes de l'amiante. Leur prégnance perdure comme on juge via les travaux menés par l’observatoire régional de la santé notamment pour ce qui concerne les cancers de voies aéro-digestives sur le littoral dûs à ses caractéristiques industrielles.
Concernant les menaces sur le territoire dunkerquois, elles tiennent essentiellement à la montée prévisible du niveau de la mer en raison du réchauffement climatique elle-même la conséquence d’une activité humaine malade. Notre littoral est fortement exposé. Les élus Verts ont mis avant ce danger dans les structures telles que le syndicat intercommunal des dunes de flandre ou le Schéma d'aménagement et de gestion des eaux du delta de l'Aa.
Les deux préoccupations - santé-environnement et réchauffement climatique - vont de pair pour nous.
En dépit des efforts de diversification de l’économie de la Flandre dunkerquoise menés depuis plusieurs années, cette dernière est marquée par les activités sidérurgiques et métallurgiques qui lui ont réellement permis de se relancer après la guerre. Le côté Far West qu’avaient les années 1960 et 1970 pour le développement économique dunkerquois se lit notamment sous la plume de Philippe Nouveau, ancien directeur et actuel président de l’agence d’urbanisme de la région dunkerquoise, dans son ouvrage Dunkerque. L’aventure urbaine, qui perdure dans le dessein d'améliorer les conditions de vie de ses habtants et son attrait économique.
Or s’il est pertinent et nécessaire pour nous de faire état des risques de certaines activités, on ne peut en rester là. Il était malaisé - et cela demeure pour une bonne part - d’aller à l’encontre de certains processus productifs car c’était apparaître comme des casseurs d’emploi. Mais le décrochage entre l’accroissement productif et l’emploi dans les années 1980 avec, entre autres les licenciements massifs à Usinor-Sacilor et la fermeture des chantiers navals, a remis en cause la croyance en ce modèle de développement.
Au printemps dernier, j’ai rencontré des représentants locaux de la CFDT métallurgie. Il a fallu aller au-delà des représentations quelque peu erronées que nous avions les uns des autres pour avancer sur deux sujets : à savoir les émissions de gaz à effet de serre et la santé au travail.
Tenues en vue de préparer la venue de Dominique Voynet le 12 mars dernier, les discussions perdurent depuis lors pour faire avancer la réflexion collective. Nos combats convergent sur plusieurs points.
Cette prise de contact pouvait d’autant apparaître clivante qu’elle s’était déroulée quelques mois après une polémique sur les plans nationaux de quotas de CO 2 alors en discussion. Chaque état membre de l’Union Européenne devait remettre à la commission Européenne des propositions pour la période 2008-2012 pour ce qui est des émissions de ce gaz à effet de serre par, si on enlève le cas des réseaux de chaleur, les secteurs de la sidérurgie et de la métallurgie.
Or, après que la première proposition du gouvernement français avait été refusée, la seconde mouture alla dans le sens de la demande des organisations non gouvernementales provoquant l’ire d’Arcelor-Mittal. Le chantage à l’emploi reprit ce qui provoqua de ma part un communiqué de presse quelque peu mordant contre l’attitude patronale qui prenait les salariés pour des variables d’ajustement. Un article de la Voix du Nord fit état des prises de position et souligna que la prise de position des Verts allait plus loin que celle du seul syndicat alors cité, à savoir la CGT via son responsable local pour la sidérurgie Philippe Collet.
Les évolutions des organisations syndicales se ressentent dans leur contribution fort intéressante dans le cadre des cinq groupes de travail du Grenelle de l’environnement – notamment ceux sur la santé-environnement et la démocratie écologique - qui rendront leur copie cet automne.
Certes, on n’est pas encore arrivé à faire évoluer la branche énergie de la CGT de renoncer à son dogme nucléaire mais leurs actions en faveur de la sécurité et la santé au travail notamment à la centrale nucléaire de Gravelines sont à souligner.
Sur le littoral, nous sommes pour une bonne part soit des riverains, soit salariés, voire les deux, des sites industriels qui s’y trouvent qui font partie de notre quotidien. Pour être digne de la confiance du plus grand nombre et ainsi être en capacité plus encore à mener des politiques publiques concrètes, nous devons travailler à faire évoluer nos actions et nos propositions. Notre projet propre est qu’il convient de ramener l’économie aux limites de la terre et dans le respect de tous. L’idée est qu’on ne peut faire « l’économie de l’environnement ».
Réflexion à suivre.
post scriptum : la photo de cette notre de blog représente un éphèmére bambouco à Dunkerque en juillet 2004.
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