dimanche, 25 mars 2007
Industria Park, l'économie industrielle, Dunkerque,...
Jeudi je m’étais intéressé à un article du Phare dunkerquois consacré à la recension de la réunion de la commission locale d’information de la centrale nucléaire de Gravelines advenue le jeudi 15 mars où fut notamment abordé le bilan – pour le moins aucunement satisfaisant – des activités de cette installation hautement dangereuse. L’actualité locale est assez riche donc je poursuis cette lecture critique.
Industria Park
Elle fut entamée sur la question d’Industria Park à savoir une opération de communication visant à faire mieux connaître l’industrie dunkerquoise et faire changer la mauvaise image qui lui colle à la peau. Cet éveènement se déroulera la semaine prochaine à la charnière des mois de mars et avril.
Les efforts déployés par les initiateurs étaient de ce fait destinées à favoriser l’entrée de nouveaux actifs dans ce secteur et ce afin de palier les départs à la retraite. La pyramide des âges des salariés de nombre d’entreprises locales était assez déséquilibrée pour que ces mêmes sociétés se sont associées à cette démarche.
Il n’est pas étonnant qu’à intervalles réguliers Arcelor-Mittal fasse de la publicité explicitement dédiée à cette fin auprès des pans les plus jeunes de la population du littoral dunkerquois sous l'en-tête « Arcelor avec les jeunes ! » avec notamment une silhouette d’une personne faisant du skate-board.
Dans le numéro de cette semaine, la pleine page de publicité d'Arcelor-Mittal titre à la fois sur « La gestion des flux : le bon produit au bon moment » et « Le client au cœur des préoccupations ».
Interview de Michel Delebarre et Dominique Naëls
Ici, je vais plutôt m’intéresser à une interview diffusée également dans l’hebdomadaire local sorti hier à savoir celle croisée de Dominique Naëls, président de la Chambre de Commerce et d’industrie de Dunkerque, et Michel Delebarre, ici dans sa charge de président de la communauté urbaine de Dunkerque.
Elle fut faite par Daniel Boulogne en parallèle au marché international des professionnels de l’immobilier à Cannes tenue la semaine dernière où un groupe de dunkerquois était venu vendre aux promoteurs les projets émanant des acteurs de la côte d’Opale et de Flandre occidentale.
Dans l'interview de Dominique Naëls et Michel Delebarre, il y avait une sorte de partage des tâches entre les deux personnes. Pour ce qui relève de l’organisation pratique d'Industria Park tant en terme de budget que la communication vers l’institution scolaire c’était au président de la Chambre de Commerce et d’industrie de Dunkerque d’aborder la question tandis que pour ce qui relevait de la vision de l’avenir économique du littoral et Michel Delebarre, ici dans sa charge de président de la communauté urbaine de Dunkerque.
Dés lors il ne pouvait donc y avoir de malentendus quant aux propos prêtés à Dominique Naëls et ce donc contrairement à ce qui se produisit à l’occasion de sa conférence de presse en début de janvier où il exposa les vœux et présenta ses projets pour l’avenir.
Dans ces propos tenus dans La Voix du Nord du jeudi 11 janvier, à la lecture de l'article, on aurait même cru qu'un nouveau premier magistrat de la ville venait d'arriver et qu'aucune concertation n'existait. Ce fut au niveau de sa perception du centre d’agglomération – ici au travers d'un projet de parking souterrain de six cents places – que des désaccords se produisirent ce qui fit provoquer la réponse des Verts Nord Littoral en date de ce vendredi 12 Janvier intitulée "L'avenir de la région dunkerquoise se doit d'être construit ensemble".
Camarade Michel Delebarre soigne ta gauche.
Après la description pratique d’Industria Park, l’important se situait effectivement au niveau du projet politique sous jacent tel qu’esquissé dans ces lignes par le 1er édile de la cité de Jean Bart quand il était question de politique industrielle. Intéressé par les rapports entre l’enjeu industriel et le territoire dunkerquois, je me suis penché sur les propos de Michel delebarre et là je fus quelque peu surpris.
Michel Delebarre insiste sur la vocation industrielle du littoral ce qui en soit ne pose pas d’oppositions franches de notre part mais le hic vient du type d’activités effectivement à voir implanter. Il est coutume dans les discours convenus qu’il y ait toujours un consensus se fasse sur le futur économique de l’agglomération ce qui se relève approximatif comme assertion.
Voir en cela les prises de positions des Verts Nord Littoral et des associations environnementales comme ce qu'avait indiqué Jean Sename, président de l'ADELFA, dans La Voix du nord du mardi 13 mars lors de la venue de Dominique Voynet à Dunkerque la veille où il indiquait que pour Michel Delebarre était pour l'implantation de n'importe quelle industrie sur le littoral.
A une question relative au chantage à l’emploi exercé par Arcelor-Mittal relativement aux quotas accordés de CO2, il répondit d'abord que "Chacun essaie de défendre son dossier, de le monter un peu". En parlant ainsi celui qui est le député (Parti socialiste) de la 13e circonscription du Nord ne semble donc pas considérer le chantage à l'emploi comme répréhensible.
C'est bien beau de citer à longueur de discours des personnages de gauche tels que Léon Blum comme lors de la venue de Ségolène Royal au Kursaal mais par delà les effets de manche à la tribune de meetings dans les faits il y a un sérieux écart.
Par la suite, le député socialiste rajoute « ce que je considére, c’est qu’il n’y a pas plus de rejet de CO 2 depuis que Mittal est entré dans le capital d’Arcelor ». Répondre de cette manière est hors sujet.
Ce projet inititulé Dunkerque 2012 se trouve explicité dans Dunkerque magazine, le mensuel de la propre municipalité dunkerquoise dans son édition du mois de mars, où il est fait mention de la volonté du sidérurgiste de passer de 6,5 à 7,5 millions de tonnes d'acier d'ici 2012.
Par ailleurs, il indiqua "quand je vais dans ces entreprises [du littoral dunkerquois] et que je vois qu'ils affichent le nombre de jours sans accidents du travail, je trouve ça bien". On dirait qu'il découvre l'industrie mais de surcroît il oublie que la démarche qualité des entreprises relativement à la sureté du travail comme Arcelor-Mittal le fit récemment se fait souvent au détriment des entreprises sous-traitantes comme l'ont souligné notamment les militants de la cfdt métallurgie lors de la rencontre avec Dominique Voynet ainsi que dans leurs publications.
Donc un conseil au camarade socialiste Michel Delebarre : soigne ta gauche !
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