mardi, 13 mars 2007
Rencontre avec la CFDT Arcelor-Mittal
Rencontre avec la CFDT Arcelor-Mittal
Dominique Voynet a rencontré les représentants de la CFDT métallurgie. Cette requête s’inscrit dans la suite de l’entretien de François Chérèque, secrétaire confédéral, avec Dominique Voynet le vendredi 23 février dernier où fut abordée notamment la question des émissions des gaz à effet de serre par la sidérurgie. La candidate des Verts à la prochaine élection présidentielle n’avait pas manqué lors de sa venue à Dunkerque le 7 octobre 2005 d’expliciter sa perception des politiques industrielles dans le cadre d’une journée débat dédiée à ce thème. Signe déjà de l’attention que nous portons aux prises de position des syndicats, Marcel Grignard – devenu depuis membre du bureau confédéral de la CFDT - avait exposé à cette occasion alors la vision de son syndicat sur cette thématique.
La majeure partie des responsables syndicaux présents faisait partie des comités d’hygiène et de sécurité du travail. Au cours de la conversation de Dominique Voynet avec ces derniers dont Fernand Donnet secrétaire de la CFDT métallurgie pour l’audomarois, le calaisis et le dunkerquois, furent abordés des sujets tels que l’avenir de la sidérurgie, les conditions de travail des salariés (pénibilité et sécurité), le rapport entre les donneurs d'ordre et les sous-traitants et les impacts de l’activité d’Arcelor-Mittal sur l’environnement. Pierre Méquignon fut ainsi auditionné pour la confection des deux rapports parlementaires (l’un du sénat, l’autre de l’assemblée nationale) consacrée à l’amiante. Les conditions de sûreté des travailleurs des sous-traitants ne sont pas bonnes et 80 % des sous-traitants d’Arcelor-Mittal Dunkerque ne travaillent qu’avec lui d’où la pression imposante sur ces entreprises de la part du donneur d’ordre. Pour un salarié d’Arcelor Mittal, il y a trois salariés chez les sous-traitants. Le site dunkerquois regroupe environ 4000 salariés tandis que les entreprises telles que Arcelor-Mittal Mardyck, GTS industries, Europipe et regroupent respectivement 1000, 700 et 140 salariés.
Le secteur sidérurgique et métallurgique dispose d’une place importante sur le littoral et plus largement dans la région Nord-Pas-de-Calais. Par ailleurs, le site dunkerquois d'Arcelor-Mittal représente à lui seul 8 % de la part industriel non énergétique des émissions de CO 2 en France donc 1,6 % du total (car l'industrie non énergétique représente 20 % de l'émission de C0 2 en France). Une tonne d’acier génère 1,9 tonne de CO 2. Il y a eu des polémiques récents relativement aux différentes moutures du plan national d'allocations des quotas de CO 2 que la France doit soumettre à la commission européenne. Une visite s'est effectuée il y a quelques semaines du propriétaire de l'entreprise (Lakshmi Mittal) validant les investissements de rénovation de deux hauts fourneaux. La CFDT métallurgie est impliquée dans la FERCIS qui est une fondation d"études et de recherches sociales pur des coopération internationales et de solidarité dans la sidérurgie et la métallurgie. Les thématiques abordées au cours de la fructueuse conversation se sont faites à partir de l'important document suivant intitulé "Le changement climatique et l'acier".
L’échange d’informations quant aux caractéristiques des différents types de process de production utilisé s’est notamment focalisé autour des hauts-fourneaux du site dunkerquois mais également sur les projets de recherche sur les émissions de CO 2 qui se révèlent moindres dans leurs financements que ceux dévolus à la quantité et à la qualité de la production effectuée. Les syndicalistes exposèrent les efforts consentis au niveau des poussières émises – comme les hottes aspirantes - qui caractérisent encore quelque peu mais dans une singulière moindre mesure le ciel de la région dunkerquoise. Le secteur sidérurgique se trouve confronté à une concurrence forte. Plusieurs variables sont à prendre en considération que ce soit le coût de la main d’œuvre, le prix du transport, les réglementations applicables,..
Ainsi, la réfection d’un haut fourneau en France coûte 150 millions d’euros tandis qu’en Pologne cela serait de l’ordre de 75 millions. Au sortir de cette réunion le maître mot semble être la nécessité de la recherche et développement pour qu’une politique industrielle respectueuse de ses salariés et de l’environnement soit un atout pour notre pays, l’Europe et plus largement la planète.
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