vendredi, 19 janvier 2007

Communiqué de presse du collectif dunkerquois d'aide aux migrants suite aux propos du sous-préfet de Dunkerque

 

 

 

 

Voici le communiqué de presse du collectif dunkerquois d'aide aux migrants suite aux propos du sous-préfet de Dunkerque diffusés dans le Phare Dunkerquois du 11 janvier 2007. Le communiqué de presse est paru quant à lui dans l'édition du 18 Janvier.

 

Le collectif est choqué des propos tenus par le sous-préfet de Dunkerque concernant ses conclusions à la presse aprés la rencontre en sous-préfecture en Novembre 2006 avec le Collectif. Analyse et propos cyniques de la situation des migrants du dunkerquois,  reportés dans l’édition du « Phare » du 11/01/2007.

 

Non, Mr le Sous-Préfet,  nous ne cautionnons pas  vos propos, bien au contraire nous les dénonçons.

 

 « Il y a des règles et des lois. Je pense que les associations humanitaires l’ont bien compris. » avez-vous dit. Pour tenir de tels propos, étions-nous dans l’erreur, l’ignorance ou hors la loi ? ; dans ce cas merci  de nous avoir apporté la vérité, la lumière et instruis de la loi !

 

Vous nous parlez des accords du Touquet ?  Nous vous parlons d’un texte écrit au XVIIIème siècle et repris en préambule de notre constitution et par l’Union Européenne ; peut-être le nom de Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen vous parle - t-il ? Vous leur refusez le qualificatif de réfugiés ; ces gens fuient la mort et la misère, poussés par la plus grande détresse, attirés par l’espoir d’une vie digne et respectueuse de leurs droits fondamentaux ?

 

A d’autres époques de notre histoire, des millions de personnes ont choisi l’exil pour fuir les horreurs de la guerre ou de la dictature, que se serait-il passé si nos ancêtres avaient refusé de leur tendre la main ?

 

Nous estimons que  l’Etat remplirait mieux sa mission en débusquant prioritairement « les passeurs » et autres trafiquants qui exploitent la misère humaine, plutôt que de mener une répression sans merci contre ceux qui en sont les victimes et qui vivent dans des conditions déplorables, et d’un autre siècle.

 

Il ne faut pas réduire la situation des réfugiés au désordre : tout réfugié bien habillé n’est pas forcément un trafiquant de drogue, tout réfugié possédant un portable n’est pas systématiquement un passeur, tout réfugié voyageant en compagnie d’une femme n’est pas forcément proxénète.

 

Ils sont avant tout des hommes et des femmes qui souffrent, qui vivent cachés dans des buissons, dans les dunes, sans aucune condition d’hygiène, sans soins, sans nourriture, sans aucune protection contre la pluie, le vent et le froid.

 

Même les arbres et bosquets situés non loin du port de Loon-Plage sont régulièrement rasés pour qu’ils ne servent plus d’abri aux réfugiés, les maisons en ruine ont  toutes été rasées !

 

Nous refusons une France des Droits de l’Homme qui  ne communique avec les réfugiés qu’à coups de gaz lacrymogènes et coups de bulldozers.

 

Votre discours  sécuritaire et de répression ne comporte que trop peu d’humanité ; l’Etat a des obligations policières mais il a aussi des obligations humanitaires, ces dernières malheureusement  ne seront visibles, d’aprés vous, que lorsque les températures atteindront les – 10 degrés, c’est à dire une fois les réfugiés morts !

 

Jamais ils n’ont bénéficié de l’aide humanitaire de l’Etat et ne doivent leur « salut » que grâce aux bénévoles et associations  qui leur viennent en aide.

 

Notre collectif d’aide aux migrants continuera d’agir en conscience et dans le respect des valeurs républicaines et humanistes de la France et de l’Europe.

 

Nous réaffirmons donc notre solidarité pleine, entière et responsable avec les réfugiés et appelons la population à soutenir notre action de secours et d’assistance, la seule qui fasse honneur à notre pays.

 

Dunkerque, le 15 janvier 2007

 

Signataires : Salam, Emmaüs, LDH, MRAP, Carrefour des Solidarités, Pastorale des Migrants, CCFD, les Verts.

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COMMUNIQUE DE PRESSE
Bruxelles, le 6 novembre 2007


UN AN DE PRISON POUR UN GRAFFITI :
C’EST LA LUTTE SOCIALE QU’ON CONDAMNE


Le 21 janvier 2006, après la condamnation de dockers pour avoir participé à la manifestation contre un projet « Bolkenstein » portuaire présenté au Parlement européen de Strasbourg, Thierry Delforge, militant syndical, est arrêté par la police pour avoir écrit à la peinture, sur le mur d’un dépôt appartenant à la Ville de Bruxelles, la phrase « Libérez les dockers ». La police trouve en outre dans le coffre de sa voiture deux sabres d’abattis dont il se sert pour débroussailler son jardin dans les Ardennes.
Il n’en faut pas plus pour le condamner pour « destruction d’un édifice » et pour « transport d’armes prohibées ». La condamnation est prononcée le 28 mars 2007 par contumace, la convocation ne lui étant pas parvenue. La peine est incroyablement lourde : un an de prison, dont six mois avec sursis.
Thierry Delforge a fait opposition à ce jugement, et l’affaire doit repasser le 21 novembre devant la 50e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles. Mais, en attendant, il sera écroué à la prison de Forest dès ce vendredi 9.
Devant la démesure d’une telle peine pour un délit aussi mineur, il est difficile de ne pas conclure que c’est le militant syndical et associatif qui est condamné, et à travers lui tout le mouvement de contestation sociale.
Les dérives judiciaires de ce type se multiplient ces dernières années ; bientôt tout citoyen qui exprimera sa désapprobation par rapport à l’idéologie politique et économique dominante se verra condamner lourdement. Si la démocratie existe encore, il est grand temps de la sauver.


Premiers signataires :
CLEA (Collectif pour la liberté d’expression et d’association)
PCB, LCR, ATTAC Wallonie-Bruxelles, CRER (Collectif contre les expulsions)
les rafles et les expulsions), Radio Air Libre, Autre Gauche

www.leclea.be

Ecrit par : Thierry DELFORGE | vendredi, 09 novembre 2007

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