samedi, 18 novembre 2006

Urbanisme, Plu, Zppaup,...

 

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La question de l'urbanisme n'est pas anodine en soi ni un long fleuve tranquille.

 

On a pu le constater à l'occasion de la 27e rencontre nationale des agences d'urbanisme tenue ces derniers jours au Kursaal ou il y a quelques années déja autour du BCMO.

 

On l'a perçu plus encore ces derniers mois autour de trois projets immobiliers  à Dunkerque qui par delà leurs différences ont en commun de faire bouger les habitants autour des questions de la qualité de vie.

 

Parmi ceux-ci, il est à noter celui concernant la construction d'un immeuble au coin des avenues Lemaire et du Casino à Malo-les-Bains.

 

Une manifestation en forme d'oraison funébre avec une cinquantaine de participants s'est tenue cette semaine à l'occasion de la démolition d'une maison sur le terrain duquel sera construit un immeuble par l'entreprise BECI.

 

L'action des Verts Nord Littoral - attentifs à ces trois cas - est de pousser au sein de la majorité municipale dunkerquoise à la mise en place d'un nouveau plan local d'urbanisme ainsi qu'à la mise en place d'une zone de protection du Patrimoine architectural, Urbain et paysager.

 

Voici ci-dessous le texte de l'oraison funébre lu par un représentant du collectif des riverains (et qui a donné une interview à delta-fm d'où est tirée la photo de cette note de blog).

 

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Chers amis,


Votre présence massive prouve l'intérêt que vous portez à notre quartier.

Ce jour est à marquer d'une pierre noire.


En effet nous sommes réunis aujourd'hui pour enterrer cette rue verte de MALO LES BAINS.

Curieuse coïncidence de date, me direz-vous, car aujourd'hui et demain a lieu au Kursaal la 27 ème rencontre nationale des agences d'urbanisme.

Il nous faut donc placer la ville devant ses contradictions, voire ses paradoxes :…………Lesquels ?

Premier paradoxe ou pied de nez : le 24 juin 2006 était inaugurée, plaque à l'appui, en la rue de NIEUPORT, la première rue verte de Dunkerque Centre.

Second paradoxe : le 24 octobre 2006, lors du lancement de la commercialisation du projet Grand Large, faisant suite à la projection sur écran de dessins représentant des arbres au milieu d'immeubles, promesse a été faite qu'il serait vérifié que ces arbres existeront réellement lorsque le projet sera réalisé.


Mais pourquoi donc ce qui est souhaitable pour le futur quartier Grand Large ne l'est-il pas aussi rue Gustave Lemaire ?

Troisième paradoxe : dans le dernier journal municipal intitulé "Dunkerque quartiers" il est écrit : " le fleurissement des rues et des boulevards contribue à l'amélioration de notre cadre de vie. Les écoliers de Malo s'apprêtent à collaborer aux journées de l'arbre, du 25 novembre au 2 décembre prochain. Avec l'aide précieuse du service espaces verts, les élèves de l'école Kléber auront ainsi pour mission de procéder au réaménagement paysager du passage Nicolas II, un sentier qu'ils empruntent fréquemment dans le cadre du plan de déplacements scolaires. Ces initiatives citoyennes permettent à tous les malouins de profiter d'un environnement agréable et naturel.".

Mais pourquoi donc ce qui est souhaitable près de l'école Kléber ne l'est-il pas aussi rue Gustave Lemaire ?

Quatrième paradoxe : dans le journal Dunkerque Magazine du mois de mai, quelques pages étaient consacrées au patrimoine passé.

 

C'est ainsi que nous avons pu admirer la majestueuse villa MOTTE au milieu d'un espace arboré, sans précision évidemment de son implantation géographique.

Et bien……… cette villa se situait exactement à l'angle des avenues Lemaire et du Casino, là où nous sommes actuellement.


Cinquième paradoxe : dans le numéro hors série de Dunkerque Magazine du mois de novembre : nous pouvons lire : "le respect de l'environnement est un combat de tous les jours"..

 

Hé bien, c'est bien la raison pour laquelle nous sommes réunis ici ce soir.

On peut encore y lire : "le développement durable est une priorité pour les prochaines décennies"

Apparemment ça ne l’est pas pour celle-ci !

Sixième paradoxe : on nous parle toujours de démocratie participative.

 

Et malgré cela les citoyens, voulant défendre leurs droits, sont encore et toujours obligés de se regrouper en créant de nouvelles associations sensées être plus à même d’être entendues

Le sont-elles réellement ?

Tous ces paradoxes nous ramènent à l’angle des avenues G. Lemaire et du Casino

Petit historique : il y a quelques années, un promoteur, dont je ne mentionnerai pas le nom, a acheté la villa arborée située au numér 1 de l'avenue Gustave Lemaire dans le but non avoué de la détruire afin de la remplacer par un immeuble collectif susceptible de lui apporter, on peut l'imaginer, un profit maximum.

Ce projet a été baptisé "VILLA…. VILLA LENA".

N’est-ce pas, pour le moins provocateur, s’agissant d’un immeuble de ce style ?

Hélas cette pratique devient courante et tous les habitants de Dunkerque sont de plus en plus inquiets. De récents événements nous l’ont prouvé.

Les promoteurs immobiliers peuvent ainsi décider de la destinée de notre cadre urbain, sans que le plan local d'urbanisme existant ne puisse légalement les empêcher d'agir.

En effet, dans ce cas précis la municipalité a estimé que la réaction hostile des habitants, à l'égard de ce projet, ne la concernait pas !

Il s'agissait, selon elle, d'un conflit entre privés : les riverains d'un côté et un promoteur de l'autre.

N'étant pas écoutés, nous avons été obligés de nous associer et de nous mobiliser autour du slogan
"DUNKERQUE LES GRANDS HORIZONS, VERDURE ou BETON ?".

Notre pétition, bien qu'ayant recueilli près de 800 signatures, a été dénigrée et jugée, par la municipalité, sans importance et peu représentative.

Des amalgames honteux auraient même été faits entre notre réaction et celle d’autres habitants hostiles à la réalisation d'un projet social sans aucun rapport avec notre association.

Un recours, porté par l'association, contre le permis de construire, a été rejeté par la municipalité.

Malgré tout, notre importante mobilisation a contraint, il est vrai, la municipalité à organiser des réunions d'information et de concertation entre le promoteur et les habitants.

 

C'est ainsi que le projet originel a été réduit : un étage de l'immeuble et une maison ont été supprimés. Un parking souterrain a été ajouté ; une promesse de plantation d'arbres, soit-disant de haute tige à l'arrière du bâtiment, a même été faite.

Notre amertume est grande.

Notre cadre de vie se dégrade. Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais les angles de rues sont les cibles privilégiées des promoteurs.

Prochainement encore, à l'angle de la rue du presbytère et de l'avenue Lemaire, le jardin du curé de Malo va se transformer, non pas par miracle mais pour le profit, en un immeuble collectif.

Et ces constructions risquent de continuer puisque, paraît-il, à Malo il y aurait 10 demandes de logement pour une offre proposée par les promoteurs.

Bien entendu, nos taxes d'habitation ainsi que nos taxes foncières ne cessent d'augmenter.

Chers amis

le slogan "VERDURE OU BETON" a agacé la municipalité.

Il a, à la fois, intrigué et fait réfléchir les Dunkerquois.

Malheureusement il a encore de biens tristes jours devant lui.


Je vous remercie de votre attention.

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Nous allons, si vous le voulez bien, faire une minute de silence à la mémoire de notre qualité de vie ainsi sacrifiée sur l'autel du profit.

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